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Thursday, July 9, 2009

Le Forum International pour la Paix soutien le président Obama

Une fenêtre d'opportunités importante s'ouvre au Moyen Orient.

Nous appelons le président Barack Hussein Obama à se donner tout les moyens de ses ambitions, pour que la paix devienne réalité au Moyen Orient, car les peuples de la région sont fatigués et frustrés par tant de promesses non tenues et des beaux discours, des plans ambitieux et d'accords non respectés, ce ne sont que les actes qui leur rendront espoir, et le président Obama doit utiliser tout les moyens à sa disposition pour fermement encourager les pays du Moyen Orient à se réconcilier.

Déclare Ofer Bronchtein, Président du Forum International pour la Paix au Proche Orient.

Wednesday, April 1, 2009

Forger un autre avenir pour les Israéliens et les Palestiniens

“Je me raisonne pour ne pas péter les plombs”. “J’exprime ma colère de façon sensée”. “Je pense”. Tels sont les mots que nos enseignants de l’école de Qurtuba à Hébron, cette ville de Cisjordanie occupée par Israël, répètent à l’envi à nos élèves palestiniens.

Depuis la guerre qui vient de frapper Gaza, tout ce qui est interaction non violente en direct est particulièrement ardu. Mais en travaillant avec les élèves de l’école de Qurtuba, je suis convaincue que je peux apporter quelque chose à l’établissement d’un avenir pacifique et sécurisé pour la prochaine génération, Palestiniens et Israéliens confondus, en partant de la base.

Quand on circule dans Hébron, surtout dans la rue Al-Shuhada, où se trouve la colonie israélienne de Beït Hadassah, c’est comme si on se promenait dans un champ de mines.

Quand les enfants arabes se rendent à l’école, est-ce qu’ils savent vraiment comment se comporter dans ces quartiers où les colons risquent de leur jeter des pierres s’ils se fourvoient là où ils ne devraient pas être ? Pas forcément. C’est pourquoi, nous apprenons à nos élèves que répondre par la violence ne fera qu’ajouter à la violence. C’est un cycle sans fin.

Et c’est ainsi que j’ai instauré dans mon école les principes de la non violence.

Premier principe. Les enfants apprennent à connaître leurs droits civiques. Ils savent désormais que si les colons les attaquent, ils doivent appeler la police israélienne à la rescousse. Notre établissement se trouve dans le quartier H2, sous contrôle israélien, alors que le quartier H1 est sous la juridiction de l’Autorité Palestinienne. À H2, c’est à l’administration israélienne qu’il incombe d’assurer la sécurité des civils.

Lorsqu’un incident se produit dans l’enceinte scolaire, nous appelons la police israélienne, démontrant ainsi aux enfants qu’il vaut mieux faire appel aux autorités que de répondre par la violence. En principe, la police intervient rapidement. En cas de retard, nous appelons des organisations comme le CICR (Comité International de la Croix Rouge), ou le TIPH (Présence internationale temporaire à Hébron), ou enfin les médias. Les enfants, qui n’en perdent pas une, apprennent, retiennent.

Deuxième principe. Nous donnons à nos ados la possibilité d’exprimer leur colère et leur humiliation sur le papier ou par le jeu, ces précieux supports grâce auxquels nous les aidons à raisonner leurs émotions et à les canaliser.

Troisième principe. Nous veillons rigoureusement à ne jamais instrumentaliser nos élèves dans ce conflit. Dans notre école, nous estimons que les enfants ne doivent pas participer aux manifestations contre l’occupant parce qu’ils sont des cibles trop faciles. Il faut qu’ils puissent profiter de leur enfance et choisir eux-mêmes leurs options politiques quand le temps sera venu.

Je fais le voeu que ces quelques grands principes puissent apprendre à la prochaine génération de dirigeants palestiniens à se servir de leur tête et à défendre leurs droits par la non violence, créant ainsi un avenir pacifique pour eux-mêmes et pour leurs voisins.


… et ils transformeront leur crainte en confiance par Nira Lamay

Jérusalem – “Les générations présentes devraient préserver les générations futures du fléau de la guerre. A cette fin, elles devraient éviter d'exposer les générations futures aux conséquences dommageables des conflits armés ainsi que de toutes autres formes d'agression et d'usage des armes qui sont contraires aux principes humanitaires.”

Ce passage de la déclaration de l’UNESCO de 1997, relative aux responsabilités que nous avons envers les générations futures, est simple et clair. Il a constitué le fondement de la commission parlementaire israélienne pour les générations futures, organe professionnel et apolitique de la KNESSET qui conseillait le Parlement sur les incidences de la législation sur les générations futures.

J’ai travaillé moi-même au sein de cette commission, qui a vécu de 2001 à 2006. Le temps que j’y ai passé inspire aujourd’hui ma conduite, et ces mots configurent ma propre activité pour l’avènement d’une paix pour les Israéliens et pour les Palestiniens.

La mission de la commission ne portait ni sur la politique, ni sur les affaires étrangères, ni sur les questions militaires ou de défense. Notre objectif était de préserver nos ressources pour les générations futures. Selon notre devise, tandis que le monde politique s’occupait de la défense et de la guerre, nous préparions, nous, la “paix du lendemain”, pour le jour où les générations futures pourraient boire de l’eau propre et respirer un air pur.

Je me demande parfois s’il y aura un “lendemain”. La guerre de Gaza que nous venons de traverser m’a fait comprendre que nous ne jouissons pas encore des luxes dont disposent la plupart des autres pays, là où la conservation des ressources et la préservation de l’environnement peuvent être prioritaires. Nous en sommes encore à un état presque primitif de survie.

J’ai aussi compris que les professionnels que nous sommes et qui avons l’expérience de notre système politique devraient tirer parti de leurs connaissances pour changer le système. Par conséquent, même si le travail de terrain nous appelle, nous ne pouvons nous désintéresser du politique. La mission politique qu’est la recherche de la paix est trop précieuse pour qu’on la laisse aux politiques.

Ensemble, Israéliens et Palestiniens, nous devons revendiquer notre droit à changer et à créer notre propre avenir. Tout récemment, j’ai ainsi eu l’occasion de participer à une activité de construction de la paix sur le terrain, dans le cadre d’un livre magique intitulé 60 Years, 60 Voices “, organisé par l’association à but non lucratif Peace x Peace, qui rassemble des femmes du monde entier pour faire avancer le dialogue, l’entente et la collaboration. Cette action a ainsi réuni 30 femmes israéliennes et 30 femmes palestiniennes afin de faire fructifier leur foi en un avenir meilleur pour les Israéliens et pour les Palestiniens. J’ai eu la chance d’être une de ces femmes.

Au niveau du terrain, le chemin est encore long. Mais nous devons poursuivre nos efforts pour transformer la peur, et la peur de la peur, en confiance, non seulement entre les deux gouvernements, mais plus encore entre les deux peuples.

Par
Reem Al-Shareef et Nira Lamay et Nira Lamay.
Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), www.commongroundnews.org
Seul le prononcé fait foi
Embargo au prononcé


Discours de Monsieur Jacques CHIRAC

Conférence de lancement du projet Aladin
***
Maison de l'Unesco
Vendredi 27 mars 2009 à 14 H 30


Monsieur le Directeur Général de l'Unesco,
Monsieur le Président de la République du Sénégal,
Mesdames et Messieurs les Présidents,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Chère Simone Veil, Cher David de Rothschild,
Chers amis,

Votre présence ici, à Paris, dans cette grande maison de l’UNESCO, est un témoignage rare. Et un acte de foi. La foi, que nous partageons, des bienfaits de la connaissance.

Aladin, en français, « Aladine » en arabe, « Aladine » en hébreu, c’est la lumière, le symbole de cette connaissance à laquelle nous croyons ensemble.

Je félicite les initiateurs du projet Aladin.
Je félicite ceux qui, du monde entier, ont accepté de le parrainer.
Je suis honoré de me trouver parmi eux.
Je les félicite pour leur ténacité, leur audace et leur vision.

Je veux vous dire que je me reconnais dans votre combat pour rétablir la mémoire de la SHOAH là où elle est niée, là où elle est effacée, là où elle est déformée.

Votre choix est légitime :

Faire connaître la SHOAH en présentant les faits, tels qu’ils ont été, dans leur brutalité. Sans culpabiliser les vivants. Sans vouloir faire porter aux pays musulmans une culpabilité qui n’est pas la leur.

Faire connaître la SHOAH, pour la sortir du silence que l’on a fabriqué autour d’elle, dans beaucoup de pays.

Evoquer la SHOAH risquait de susciter dans ces pays un sentiment de sympathie pour les Juifs et l'existence d’Israël. Alors on l’a cachée.

Faire connaître la SHOAH à chacun, dans sa langue, pour que chacun lise et comprenne dans sa langue maternelle ce qui s’est réellement passé, et forme sa conviction intime. Aujourd’hui l’arabe, le persan, demain l’ourdou, le bengali, le malais... La mémoire de la SHOAH c'est faire vivre les livres et non les brûler. Elle ne doit pas seulement parler à l’intellect. Elle doit toucher le cœur.

C’est, vous le savez, dans le même esprit que je me bats, avec la Fondation que je préside, pour le dialogue et le respect de toutes les cultures.

Le drame de la SHOAH interdit l’oubli. Il impose la pudeur. Il fait exploser la colère au cœur de chaque homme de bonne volonté, lorsque la SHOAH est contestée.

Nous n’en avons pas fini avec la barbarie qui a conduit à la SHOAH.
Voilà la vraie raison d’en garder la mémoire à jour. Une mémoire constamment en alerte.
Transmettre aux pays qui ne l’ont pas connue la mémoire de la SHOAH c’est allumer chez eux l’esprit de résistance qui nous a fait défaut face au Mal.
Car nul pays, nulle culture, ne sont immunisés contre la tentation du génocide.
Le négationnisme est un crime contre la mémoire. Mais plus grave encore, il émousse la vigilance.

Je suis très inquiet aujourd’hui, que certains puissent dire, chez nous, en Europe, que cette histoire, la SHOAH, n’était pas la leur, que c’était l’histoire des Juifs, le problème des Juifs.
Nous devons combattre cet apartheid insupportable de la mémoire.
Nos Etats, et notamment l'Etat français, ont été mêlés à ce crime.
Nous avons composé par peur avec la barbarie nazie. Nous avons laissé nos concitoyens juifs, enfants ou non de notre terre, être arrachés de nous comme s’ils étaient un corps étranger. Nous avons assisté, pétrifiés, à leur humiliation et à leur anéantissement.

Après la SHOAH, rien, pour nous, ne peut être comme avant.
Rien ne peut faire que nous ne nous sentions pas responsables.
Rien ne peut faire que nous ne nous sentions pas orphelins.
Rien ne peut faire éluder la question : et moi, qu’aurais-je fait ?

Après la SHOAH, nous savons que le courage politique, le vrai, c’est d’abord de résister, quoiqu’il en coûte, à la xénophobie qui déshumanise.
Nous ne devons jamais accepter comme démocratiques, les partis qui propagent la haine.

L’accord trouvé entre libéraux, démocrates chrétiens, socialistes et communistes dans l’après guerre pour rejeter les partis de la haine doit être considéré comme un acquis définitif de la démocratie européenne.
Nous avons fait l’Europe pour la paix, mais pas n’importe laquelle. Rien ne doit remettre en question cette vision.

J’ai un autre sujet d’inquiétude.
Je vous le confie avec la franchise d’un homme qui s’est battu pour le respect du droit au Proche-Orient, pour un Etat palestinien viable, pour l’indépendance de chaque Etat dans la région, dans la sécurité et le respect de ses frontières…
J’ai dit aux Israéliens que la colonisation était une faute. On ne construit pas la paix avec son voisin en expropriant ses terres, en arrachant ses arbres, en bouclant ses routes…
Il n’en est pas moins vrai que les conflits incessants du Proche-Orient servent aujourd’hui de prétexte à une nouvelle haine d’Israël ; elle est en train de devenir une nouvelle haine des Juifs ; cette haine se répand.
Elle est le contraire d’une solution. Elle peut être le début d’un nouveau cauchemar.
Au débat exigeant avec les dirigeants d’Israël, cette haine substitue un soupçon à l’encontre de tous les Juifs.
Au respect du droit, respect qu’il faut exiger d’Israël comme de tous les autres Etats, cette haine prétend substituer la vengeance et le terrorisme.

La paix, les partisans de la haine prétendent l’établir par le harcèlement, l’humiliation, l’éviction, la destruction des Juifs…
Il n'y aura pas de paix au Proche-Orient tant qu'il n'y aura pas reconnaissance et acceptation de l'Etat d’Israël. C’est le sens de toutes les résolutions des Nations unies. C’est le sens de la déclaration d’Oslo. C’est le sens de tous les efforts que nous encourageons.

Mais il n'y aura pas reconnaissance mutuelle réelle sans un assentiment des peuples eux mêmes.
Cet assentiment ne se fera pas sans une compréhension plus intime, de part et d'autre, sans que soit retrouvé le sentiment d’appartenir à la même fraternité humaine.

Voici pourquoi votre projet est si urgent. Si important.

Seul le rappel de la mémoire de la SHOAH permet de comprendre comment l’on passe de la frustration à la haine, de la haine à la négation de l’autre, et de cette négation au génocide.

Il n’est pas trop tard. Il n’y a aucune fatalité à la haine.

Dans les deux traditions, juive et musulmane, la tolérance et le respect de l'autre sont des préceptes fondateurs. "La loi du pays, c'est la loi", dit le Talmud. La communauté juive respecte les lois du pays où elle vit. Elle respecte les autres communautés. "Si Dieu avait voulu créer une seule communauté, il l'aurait fait." dit quant à lui le Coran.
Vous avez raison de vouloir rappeler la ressemblance qui existe entre deux traditions qui ont coexisté pendant plus de mille ans.

Oui, j'adhère avec enthousiasme au projet Aladin parce qu'il fait le pari de la connaissance et de la capacité des deux communautés à se retrouver, à se comprendre et à s'accepter. Aladin c'est un appel au dialogue, à la compréhension mutuelle. L'incompréhension entre les juifs et les musulmans n'est pas inscrite dans leur histoire, ni dans leur religion, ni dans leur culture.
Quand on demandera demain à un enfant musulman ce qu’est un Juif il ne pourra plus répondre par des caricatures et des stéréotypes.
Quand on demandera demain à un enfant juif ce qu’est un Musulman, il ne pourra plus répondre par des caricatures et des stéréotypes.

Je crois au dialogue des civilisations.

Avec mes amis, le Prince Hassan bin Talal, avec Gerhard Schröder, avec Ely Ould Mohamed Vall, avec Abdurrahman Wahid, je crois qu'il faut faire vite.

Je vous remercie.

Thursday, March 5, 2009

Participation d'Ofer Bronchtein sur le Forum du NouvelObs.com

La situation israélo-palestinienne

mardi 03 mars 2009
de 09h30 à 11h45

Avec Ofer Bronchtein, président du Forum international pour la Paix et la réconciliation au Proche-Orient.
avec Ofer Bronchtein, franco-israélien, ancien conseiller d'Yitzhak Rabin, président du Forum international pour la Paix et la réconciliation au Proche-Orient, une organisation qui entretient depuis des années un dialogue entre Palestiniens et Israéliens.

Question: Le hamas étant classé " organisation terroriste " que va faire MR BLAIR à GAZA?
Avec qui ISRAEL doit-il negocier alors que le pays est bombarder journellement ?

Réponse : Bonjour à tous,
Tony Blair, comme d'autres leaders, ont visité et visiteront Gaza ces prochains jours sans que pour cela ils ne rencontrent les leaders du Hamas ou sans que cela puisse être interprété comme une reconnaissance du Hamas. Un million et demi de Palestiniens vivent dans le plus grand camp de réfugiés du monde qu'est Gaza. Ils méritent l'attention et le soutien de la communauté internationale. Israël négocie avec l'autorité palestinienne, elle-même négocie avec le Hamas au Caire. J'espère que ces négociations aboutiront à la re-création d'un gouvernement d'union nationale palestinien. A condition que le Hamas respecte les accords signés et reconnaisse l'Etat d'Israël.

Question: Bonjour, je vous découvre et c'est toujours encourageant de rencontrer des personnes qui oeuvrent pour la paix. Pouvez-vous me dire à quoi à servi l'attaque sur Gaza ? Quel était son but ? Renverser le Hamas ? Raté. Arrêter les tirs de roquettes ? Raté. Alors ? Rétablir l'honneur de Tsahal ? Alors là...

Réponse : Comme vous le savez, je ne suis pas porte-parole ni du gouverenement israélien, ni de l'armée israélienne. Je reste convaincu que la violence et la guerre ne peuvent pas résoudre le conflit israélo-palestinien. Ce n'est que par le dialogue, les négociations, la générosité et l'humilité que nous pourrons enfin aboutir à une paix dans la région.

Question: Etes vous prêt à dialoguer avec le Hamas ?

Réponse: Oui. Et oui. Il a été choisi par une majorité de Palestiniens au parlement. Pour qu'il devienne un partenaire, il ne peut être qu'une force politique responsable: reconnaître l'Etat d'Israël et renoncer au terrorisme.

Question: Bonjour M. Bronchtein,
Votre Action est trés louable et généreuse; mais
- 1/ aujourd'hui que peut faire votre Forum Internationl?...Y. Rabin est mort; T.Livni qui aurait pu faire avancer les choses? s'est placée dans l'opposition ... B.Netanyahou jure d'empêcher la création d'un Etat Palestinien indépendant et va devoir s'allier à qui vous savez...
-2/ êtes vous prêt à ce que Jérusalem-Est soit la Capitale d'une Palestine indépendante

Réponse: 1) L'assassinat d'Yitzhak Rabin par un terroriste israélien a bouleversé la région et nous a empêché de vivre en paix avec les Palestiniens.
Tzipi Livni n'est pas encore dans l'opposition. Je pense qu'elle intégrera le gouvernement Natanyahou qui lui-même acceptera l'idée de la création d'un état palestinien.
2) Jérusalem-Est est de facto habitée par des Palestiniens. Il est évident que ça deviendra la capitale du futur Etat palestinien.

Question: Réconciliation? Pendant que vous parlez dans ce forum, Israël continue à coloniser la Palestine en décidant d'implanter de nouvelles colonies en Cisjordanie... Les médias français sionistes, pendant ce temps, stigmatisent les Français - qui sont contre les meurtres de Gaza et cette nouvelle spoliation envers le peuple Palestinien - en les traitant d'antisémites parce qu'ils ne sont pas d'accord et qu'ils le manifestent par des sentiments (justifiés) anti-sionistes, ou anti -israéliens, mais en rien antisémites. Le soutien à Israël est devenu de ce fait indéfendable et il est normal que les gens sensés n'approuvent pas ces procédés. Même des Français d'ascendance confessionnelle juive comme Marie-Georges BUFFET ou moi-même... Comment voulez-vous, que depuis le 4 novembre , où Ytzhak RABIN fut assassiné par l'un des vôtres, nous puissions croire encore au désir de Paix et de Réconciliation d'Israël???

Cette nouvelle annexion ne prouve-t-elle pas le contraire? Ne prouve-t-elle pas la réalité jamais déviée d'une volonté d'annexion vieille de plus d'un siècle? C'est à dire bien avant la naissance de Hitler et de la Shoa?

Réponse : Je ne sais pas de quels médias français vous parlez. Les amalgames sont dangereux. Nous sommes témoins de critiques virulentes envers Israël et le sionisme, légitimes, mais malheureusement souvent mêlées à des actions et des propos antisémites inacceptables.
Dans votre question, cet amalgame est perceptible. Vous parlez des "vôtres" en parlant de moi. En rappelant vos ascendances et celles de Mme Buffet, ne faites-vous pas vous-même l'amalgame ?

Question: On comprend tres mal l'obstination du HAMAS à faire un geste , un premier pas ,en relachant Gilad Shalit ..pour débloquer la situation ...
On comprend mal comment aucune des recommandations internationales cherchant une solution pour sortir de cette impasse n'évoque ce probleme ...
on comprend mal pourquoi aucune preuve de vie et de traitement humain concernant cet prisonnier ne soit fourni par le HAMAS ...
on comprend mal ou... on craint de comprendre ...
Et vous ???

Réponse: Les conditions de détention de Gilad Shalit par le Hamas sont absolument inacceptables et contraires à toutes les conventions internationales. Le président Sarkozy lui-même a rappelé hier à Charm-el-Cheikh que l'échange de prisonniers palestiniens en Israël avec Gilad Shalit était impératif au déblocage de la situation.

Question: Et maintenant ? Après l'offensive sur Gaza, les élections israéliennes, comment voyez-vous la suite des évènements ? Qu'est ce que vous préconisez ?

Réponse: Je continue à être profondément convaincu que le dialogue, la reconnaissance de l'autre dans l'humilité et la générosité, sont impératifs pour redonner espoir aux Israéliens et aux Palestiniens. Je déplore la violence inouïe et disproportionnée utilisée envers des civils par l'armée israélienne et les actes terroristes continuel visant uniquement des civils par le Hamas.

Question: A quand des poursuites pour les crimes de guerre dans la région (tous les crimes de guerre) ? J'ai lu que la justice espagnole menait une enquête contre des responsables israéliens pour le bombardement meurtrier de Gaza en 2002. Vous approuvez ?

Réponse: L'Espagne est un des seuls pays au monde où la séparation des pouvoirs permet à un juge, suite à une plainte, de poursuivre des responsables politiques ou militaires dans quel pays que ce soit et je pense que cette loi doit être changée pour permettre des relations sereines et constructives entre les Etats. Il y a aujourd'hui des traités qui stipulent clairement ce que sont les crimes de guerre. C'est à eux et uniquement à eux qu'il faut se référer.

Question: Bonjour Monsieur,
Pourquoi l'actuel gouvernement Israëlien souhaite-il favoriser l'implantation de colonies ? Cette politique ne revient-elle pas, de facto, à geler tout processus de paix et toute perspective de deux Etats ?
Merci d'avance. Bonne chance et bon courage dans votre recherche de la paix !

Réponse: Absolument. La colonisation doit cesser totalement. Le rapport de George Mitchell, l'envoyé spécial du Président Obama, avait déjà stipulé clairement en 2001 que la colonisation était un obstacle majeur à la Paix.

Question: Monsieur, excusez ma naïveté, mais je suis un peu perdu : les media nous expliquent depuis de nombreuses années à quel point les partisans de la paix et de la création de deux Etats sont majoritaires en Israël, notamment au sein de la nouvelle génération d'Israëliens. Parallèlement, lors du récent conflit à Gaza, on nous a expliqué qu'une écrasante majorité d'Israëliens soutenait l'offensive... Si je comprends tout à fait le droit et la volonté légitimes des Israëliens de se protéger, j'ai du mal à concevoir ces chiffres "contradictoires"...

Réponse : La majorité des Israéliens et des Palestiniens veulent vivre en paix, en sécurité, dans la dignité. Malheureusement, des minorités extrémistes de part et d'autre essaient depuis 1993 à obscurcir tout horizon d'espoir et de paix entre Israéliens et Palestiniens. Il est inadmissible que le Hamas continue systématiquement à viser des civils israéliens et à paralyser la moitié d'Israël depuis des années. Il est légitime qu'un gouvernement puisse protéger ses citoyens. Je suis absolument opposé aux méthodes adoptées pour le faire.

Question: Le gouvernement d'ultra-droite israélien relance le programme de colonisation en cisjordanie discréditant encore plus le fatah. A quel jeu joue-t-il? Veut-il triompher par ko total? Obama suivra-t-il cette politique jusq'auboutiste? A force de tels politiques, les gouvernements successifs israéliens ne mettent-ils pas en danger la survie du pays?

Réponse: Je suis d'accord avec vous. Il faut renforcer l'autorité palestinienne responsable et pacifique présidée par le président Mahmoud Abbas. Malheureusement, des gouvernements israéliens n'ont pas et ne font toujours pas assez de gestes politiques forts dans sa direction, ce qui renforce les extrémistes du Hamas. Le président Obama a envoyé un message fort à la communauté internationale, aux Israéliens et aux Palestiniens en choisissant Abou Mazen pour être le premier leader qu'il a appelé en entrant à la Maison Blanche. La communauté internationale l'a clairement démontré hier à Charm-el-Cheikh. Je crains moi aussi que des positions fascisantes s'ancrant dans la société israélienne puissent mettre en danger la survie même d'Israël.

Question: Quelle sera le role de la nouvelle administration americain en moyen orient?

Réponse: Hillary Clinton se trouve aujourd'hui à Jérusalem et à Ramallah. Je suis convaincu que l'administration Obama s'impliquera rapidement et fermement à une solution juste et rapide du conflit israélo-palestinien. Il faut aussi redonner un nouvel élan à l'initiative de la Ligue arabe.

Question: Bonjour Mr Bronchtein.
Félicitations pour votre clairvoyance et votre courage politique. Que pensez-vous du retour masqué du projet du Grand Israël avec le feu vert donné ces jours ci à un nouveau plan massif d'implantation de colons Juifs en Cisjordanie ??
Je vous souhaite une très bonne journée
Phil Irène (ami de la Paix)

Réponse: Comme je l'ai dit, les colonies et la poursuite de la colonisation sont un obstacle majeur à tout processus de paix et de réconciliation entre Israéliens et Palestiniens.

Question: Bonjour. Comme le hamas ne reconnaîtra jamais Israël et que le gouvernement d'ultra-droite israélien veut éliminer ceux qui continuent à leur lancer des roquettes je vois mal une possible reconciliation. Qu'en pensez-vous? P.R

Réponse: La paix entre Israéliens et Palestiniens et entre Israël et tous les pays arabes et musulmans ne pourra être réalisée que sur la base d'une reconnaissance et d'un respect mutuel. Je suis profondément inspiré par la construction européenne qui, malgré la guerre la plus destructrice et la plus meurtrière qu'ait connue l'humanité, a su par une volonté politique et un réveil des sociétés civiles construire un des espaces économique social culturel et politique où la règle de base est que toute divergence ou conflit se règle pacifiquement. Il n'y a aucune raison qu'au Moyen-Orient nous ne puissions pas construire un espace identique. La création de l'Union pour la Méditerranée, si les pays européens lui donnent les moyens économiques et l'impulsion politique nécessaires, peut devenir un espace de libre-échange, de respect mutuel, multiculturel et multiconfessionnel qui permettra aux citoyens et aux citoyennes de vivre dans la paix et la prospérité.

Je n'admets pas le fatalisme de certains acceptant la guerre et la violence comme un état normal, inévitable. D'énormes progrès ont été faits depuis la conférence de Madrid de 1991. Des accords de paix ont été signés avec la Jordanie, des relations existent entre Israël et de nombreux pays arabes, une dynamique de pourparlers existe entre Israël et l'autorité palestinienne. La détermination de l'administration Obama, de la communauté internationale, de la Ligue arabe et des sociétés civiles israéliennes et palestiniennes seront nécessaires pour achever des accords de paix en 2009. Je suis convaincu que tous les ingrédients existent pour que nous y arrivions.
J'appelle aux forces de paix, surtout en Europe, d'apporter tout leur soutien aux sociétés civiles israéliennes et palestiniennes. Nous ne devons en aucun cas accepter des manifestations pro-israéliennes interprétées comme anti-palestiniennes et des manifestations pro-palestiniennes comme anti-israéliennes. Les seuls qui peuvent avoir un effet positif pour la paix sont des manifestations et des projets communs ayant pour but d'encourager et d'impulser le dialogue et la réconciliation. La guerre a profondément appauvri les peuples de la région. Le Moyen-Orient est malheureusement le plus grand consommateur d'armes du monde. Ces centaines de milliards de dollars auraient pu et doivent être investis dans l'éducation, l'environnement, la santé, le logement et l'économie.

C'est la dernière ligne droite. Elle se terminera soit par une guerre apocalyptique, à laquelle je ne veux pas croire, soit par une paix historique, à laquelle nous devons tous aspirer.
Merci à tous et bonne journée.

Thursday, February 12, 2009

Le juif, coupable universel

Depuis l'entrée de Tsahal dans la bande de Gaza, les médias parlent benoîtement d'"importation du conflit", de "violences intercommunautaires". Elles sont tout de même un peu à sens unique, les violences "intercommunautaires". Cela consiste, en gros, à ce que des jeunes gens d'origine arabo-musulmane s'en prennent à des juifs, manifestant par là leur soutien à leurs "frères" palestiniens opprimés. Ils n'ont d'ailleurs pas attendu le conflit de Gaza pour pratiquer ce sport, et l'agression ou l'injure adressée aux juifs est devenue un phénomène récurrent.

La mort de centaines de femmes et d'enfants palestiniens est un désastre humain qui doit susciter en tout homme l'horreur et la compassion. En conséquence de quoi, il est légitime d'aller casser la figure à un juif de France qui n'y est pour rien. Sans doute parce que ces gens-là, c'est bien connu, forment un lobby. Tout juif est complice.

Que soutiennent-ils, en tant que quoi manifestent-ils, ceux qui cassent du juif, et ceux qui manifestent contre l'opération israélienne ?

Soutiennent-ils le Hamas ? Savent-ils que les textes de référence de ce mouvement n'ont rien à envier à ceux du Parti nazi ? Que son objectif déclaré est de tuer les juifs et de détruire Israël ? Veulent-ils qu'Israël reçoive éternellement ses missiles sans réagir ? Savent-ils que l'intrication des combattants et des civils est telle, à Gaza, que faire le tri lors d'une opération militaire est d'une extrême difficulté ?

Réagissent-ils en tant qu'Arabes ? Mais ils sont français, et en quoi un Français est-il impliqué dans un conflit international, sinon au nom de la justice universelle ? Réagissent-ils alors au nom de la justice universelle ? En tant qu'êtres humains ? Mais alors, pourquoi ne se révoltent-ils pas quand on massacre les Indiens du Chiapas, les Tibétains ? Pourquoi les centaines de milliers de morts, les inconcevables cruautés perpétrées au Darfour ne les jettent-ils pas dans les rues ? Tout de même pas parce qu'elles sont le fait des milices d'un régime islamiste ? Pourquoi ne trouvent-ils pas étrange que les communautés juives aient quasiment disparu de tous les pays arabes, après persécutions et spoliations ? Pourquoi ne réclament-ils pas, au nom de la justice, le droit au retour des juifs chassés ?

PROPAGANDE PARANOÏAQUE

S'ils réagissent en tant qu'Arabes, où étaient-ils quand les Syriens ou les Jordaniens massacraient dix fois plus d'Arabes, palestiniens ou non, que Tsahal ? Savent-ils que l'un des rares endroits du Moyen-Orient où les Arabes bénéficient de droits démocratiques, c'est Israël ? Savent-ils que, pour la liberté, la démocratie, les droits de l'homme, il vaut infiniment mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe, et, à bien des égards, qu'arabe dans un pays arabe ?

Savent-ils qu'Israël soutient financièrement la Palestine, soigne les Palestiniens dans ses hôpitaux ? Que les deux millions d'Arabes israéliens ont leurs députés ? Savent-ils que, si la haine antijuive et le négationnisme se déchaînent dans les pays arabes, attisés par une propagande paranoïaque, qui n'hésite pas à faire usage du faux antisémite des Protocoles des Sages de Sion, la réciproque n'est pas vraie ? Que si de nombreux Israéliens défendent les droits des Arabes, rarissimes sont les Arabes qui défendent des juifs ?

Réagissent-ils en tant que communauté opprimée ? Mais alors, pourquoi les Noirs de France ne s'en prendraient-ils pas aux Arabes qui les exterminent au Soudan ? Pourquoi la communauté indienne ne manifesterait-elle pas contre les régimes arabes du Golfe qui traitent leurs "frères" comme des esclaves ? Voilà qui mettrait de l'ambiance dans la République !

Réagissent-ils en tant que musulmans ? Mais où étaient-ils quand on les massacrait en Bosnie, en Tchétchénie, en Inde ? Leur silence ne s'explique tout de même pas parce que les massacreurs n'étaient pas des juifs, n'est-ce pas ? Savent-ils que les musulmans d'Israël pratiquent librement leur culte ? Que l'université hébraïque de Tel-Aviv abonde en jeunes filles voilées ? Combien de juifs en kippa au Caire, à Damas, à Bagdad ? L'exigence de justice est-elle à sens unique ?

On finit donc par se dire que ces manifestations, les violences et les cris de haine qui les accompagnent ne sont motivés ni par la compassion envers les victimes palestiniennes, ni par le souci de la justice, ni même par la solidarité religieuse ou communautaire, mais bien par la bonne vieille haine du juif. On peut massacrer et torturer à travers le monde cent fois plus qu'à Gaza, le vrai coupable, le coupable universel, c'est le juif.

Une poignée de juifs qui transforment un désert en pays prospère et démocratique, au milieu d'un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d'islamisme et de corruption, une poignée de juifs qui, en outre, décident de ne plus être victimes, voilà qui est insupportable. Il faut donc bien que les juifs soient coupables, sinon où serait la justice ?

*Ecrit par: Pierre Jourde, romancier, critique littéraire, professeur à l'université de Grenoble-III

Source: Le Monde.

Thursday, January 29, 2009

12 000 milliards de dollars pour la guerre au Proche-Orient

Douze mille milliards de dollars, c’est la somme exorbitante perdue suite aux guerres qui ensanglantent l’ensemble du Proche-Orient depuis 1991. Ce constat chiffré est issu d’une étude inédite qui a été présentée au Palais des Nations, à Genève.

Mené par le Strategic Foresight Group (SFG) - groupe de réflexion basé en Inde- et soutenu par la Suisse, la Norvège, le Qatar et la Turquie, le rapport de 170 pages est basé sur 97 paramètres. Ces derniers vont des pertes humaines aux conséquences sur l’eau, le climat, l’agriculture, en passant par les libertés d’expression, de religions ou de la presse, l’éducation, la croissance démographique, le chômage, l’émigration, la hausse des loyers ou du prix du pétrole. Plus de cinquante experts d’Israël, des territoires palestiniens, d’Irak, du Liban, de Jordanie, d’Egypte, du Qatar, du Koweït et de la Ligue arabe ont participé à la recherche.

Une cascade de coûts

Le chercheur indien Sundeep Waslekar, président du SFG, précise:

"On doit parler d’une cascade de coûts dont une partie n’est pas quantifiable financièrement comme les atteintes à la dignité humaine."

Le rapport pointe par exemple les centaines de milliers d’heures de travail perdues par les Palestiniens aux check-points (barrages israéliens). Il révèle aussi que 91% des Israéliens vivent dans un perpétuel sentiment de peur et d’insécurité. Sundeep Waslekar s'interroge:

"Comment construire une société à long terme dans de pareilles conditions?"

Le chercheur précise que l’étude ne vise pas à trouver des solutions pour la paix dans la région:

"C’est la tâche des décideurs politiques. Nos recherches partent de 1991, date de la Conférence de Madrid [entre Israéliens et Palestiniens] où le destin du Proche-Orient aurait pu s’inverser. Cela n’a pas été le cas, mais nous avons trouvé judicieux d’estimer les gains qu’auraient engendré alors un processus de paix.

Il est important de savoir, par exemple, que 40% de la population en Jordanie est composée de réfugiés. Que se passerait-il si la Suisse devait accueillir deux millions de réfugiés? Sans conflit, la croissance au Proche-Orient serait de 8% par an."


L'Irak le plus touché

Proportionnellement à sa situation économique, l’Irak est le pays le plus touché, avec 2262 milliards de dollars de pertes. Ce montant représenterait son PIB -plus de trente fois supérieur à celui d’aujourd’hui- si le pays avait été à l’abri des guerres et des sanctions depuis 1991. Si l’on inclut les guerres contre l’Iran et le Koweït depuis 1980, son PIB serait cinquante fois supérieur.

Même après avoir payé des compensations aux réfugiés palestiniens et aux colons israéliens pour qu’ils déménagent, le revenu moyen annuel d’une famille israélienne pourrait croître de 4429 dollars, celui d’une famille égyptienne de 500 dollars, de 1250 dollars en Jordanie et de 5000 dollars en Arabie saoudite, selon l’étude. Sans parler du coût des infrastructures: transports entre les villes, acheminement du gaz entre Israël et le Liban, approvisionnement en eau, etc.

Un appel à la raison

"Ce rapport appelle à la raison dans une région dominée par les passions et les émotions, explique Jean-Daniel Ruch, représentant spécial pour le Proche-Orient du Département helvétique des affaires étrangères (DFAE), qui ajoute:

"Bien sûr, pour une mère de famille qui a perdu son mari et ses enfants dans les hostilités de Gaza, ces chiffres n’apportent aucun réconfort, là où il y a besoin de vérité et de justice. Mais ce genre d’étude pourrait enclencher la volonté politique nécessaire à un véritable processus de paix."

Raja Khalidi, économiste à la Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), reste dubitatif face aux ambitions du projet. Pour lui, l’ouvrage pourrait servir aux académiciens mais cela n’aura aucun impact sur les décideurs politiques pour arrêter la guerre:

"Le but d’une telle étude est certes noble, mais l’évaluation des coûts, aussi éloquents soient-ils, n’amènera pas la paix. Tous les calculs du monde n’arrêteront pas la guerre. Les racines du conflit sont autrement profondes. La justice et les droits sont en cause. Ces aspects doivent être abordés et résolus pour pouvoir envisager la fin des hostilités.

De plus, si cette logique qui consiste à évaluer les coûts pour décider de continuer ou non une guerre avait réellement un impact, on n’aurait certainement pas effectué les dépenses de ces dix dernières années."

Les profiteurs de guerre

Autre remarque de l’économiste:

"Il ne faut pas oublier que les guerres sont nourries par les besoins des industries militaires qui se trouvent surtout en Europe et aux Etats-Unis. On sait que les conflits en Irak, Afghanistan et Gaza ont été exploités pour développer de nouvelles armes.

Par contre, si j’étais un politicien palestinien, je me servirais de cette étude pour revoir ma stratégie et gérer différemment ce conflit. En effet, les chiffres montrent que les pays arabes (à part l’Irak) et l’Iran ont perdu huit fois plus qu’Israël. Donc comme politicien arabe, je me poserais de sérieuses questions quant aux résultats obtenus par rapport aux gigantesques dépenses engendrées."

De son côté, l’ancien ministre des travaux publics de l’autorité palestinienne, Mohammed Stayyeh, demande qu’on parle des coûts de l’occupation israélienne -et non du conflit israélo-palestinien:

"Une occupation qui profite économiquement à Israël. Un tiers de l’eau des cuisines israéliennes provient de Cisjordanie. Voilà dix-huit ans que le processus de paix se poursuit sans résultat tangible. Nous sommes obligés de reconstruire en boucle nos infrastructures avec les donations internationales. Il m’est arrivé de reconstruire jusqu’à cinq fois le même pont. Et c’est votre argent qui est gaspillé!"

Source: www.rue89.com


Tuesday, January 20, 2009

Trouver la paix entre fanatisme et désordre

La crise actuelle, amorcée par les provocations volontaires du Hamas, et le droit légitime de riposte d'Israël illustrent très profondément et hélas très dramatiquement l'incapacité des parties en cause à construire une politique, c'est-à-dire un mode de relations respectueux des droits légitimes de chacun. D'un côté, l'unité palestinienne n'a pu se réaliser et l'affrontement provoqué par le Hamas contre le Fatah par la forme brutale qu'il a prise a, malheureusement, renforcé l'incapacité israélienne de définir, pour sa part, une politique constructive permettant une cohabitation pacifique dans la région.


Qu'on ne s'étonne pas que je veuille ici déplorer particulièrement l'absence en Israël d'un véritable débat de politique extérieure et, par conséquent, l'absence de toute proposition constructive permettant d'envisager un avenir pacifique. C'est le droit de chaque Etat de définir le tracé idéal de ses frontières, mais, en l'occurrence, ni le gouvernement israélien ni la Knesset n'ont jamais mené un débat sérieux concernant le tracé d'une frontière avec un Etat palestinien. De même qu'ils n'ont jamais défini quel pourrait être le statut des personnes non juives à l'intérieur d'un Etat d'Israël qui irait jusqu'au Jourdain. Il est clair que c'est le Hamas qui a provoqué la crise actuelle, comme il est clair que c'est l'incapacité israélienne à définir des propositions constructives, comme à ne pas laisser au président de l'Autorité palestinienne la moindre liberté ni la moindre autonomie sur la moindre partie de la Cisjordanie, qui nourrit auprès des populations palestiniennes des sentiments favorables au Hamas.

Quelques jours avant son accession au pouvoir, Ariel Sharon m'avait déclaré - je le reconnais, à ma grande satisfaction - qu'il n'y avait pas de solution militaire, mais seulement une solution politique au conflit. Il est tragique pour moi de devoir reconnaître aujourd'hui que le système électoral et politique d'Israël porte une part importante, sinon déterminante, dans le maintien d'un statu quo meurtrier qui ne bénéficie finalement qu'aux djihadistes de tous bords. Bien sûr, le vide politique est encore plus profond du côté des Palestiniens. Mais les Etats arabes, depuis la conférence de la Ligue arabe à Beyrouth, ont fait un pas important, renforcé récemment notamment par le roi d'Arabie saoudite, qui ouvrait - en reconnaissant le droit à l'existence de l'Etat d'Israël dans les frontières de 1967 - la porte d'une négociation fermée brutalement au lendemain de la guerre des Six-Jours par les trois non de Khartoum.

Il y a donc encore, du moins je l'espère profondément, un avenir pacifique possible au Moyen-Orient, à condition de ne plus se laisser piéger par le fanatisme des uns et l'immobilisme ou le désordre électoral et politique des autres. Faut-il rappeler l'initiative du président égyptien Sadate, d'abord rejetée par le premier ministre Golda Meir, puis finalement acceptée par Menahem Begin sur la suggestion de Moshé Dayan. Alors, le courage politique avait surmonté les blocages idéologiques ou, plus simplement, aveugles.

Ceux qui s'efforcent de jeter un regard au-delà des catastrophiques violences actuelles rêvent d'un Moyen-Orient où Israël, enfin de retour à son passé oriental, participerait à l'émergence politique et économique de cette région si profondément inscrite dans la marche de l'humanité.

*Théo Klein est avocat, ancien président du CRIF.

Source: Le Monde.

Thursday, January 15, 2009

De Gaza à Paris, la manipulation

L'éditorial d'Yves Thréard du 13 janvier

Des milliers de musulmans ont été tués en Tchétchénie, au Darfour et ailleurs, mais on n'a pas souvenir que leur tragédie suscite en France autre chose qu'une compassion contenue. Une guerre oppose, au Proche-Orient, Israël aux islamistes du Hamas, et les passions se déchaînent ici ou là. À tel point qu'on redoute que ce conflit propage de malsains relents sur notre sol.
Parce que la France compte 600 000 juifs et quelque 6 millions de musulmans, il faudrait qu'ils épousent, pour les premiers, la cause de l'État hébreu, pour les seconds, celle des Palestiniens. Comme s'il leur fallait être de l'un ou l'autre camp. Vision fausse, réductrice et absurde, qu'il convient de combattre sans répit.

Certes, d'importantes manifestations, surtout en faveur des Gazaouis, ont été organisées ces jours-ci. Mais elles ne résument pas l'état d'esprit majoritaire de ces Français - faut-il rappeler qu'ils portent cette nationalité ? - qui observent, non sans inquiétude, mais sans prendre parti, l'inextricable drame du Proche-Orient.

Aux pouvoirs publics, aux partis politiques, aux associations dites communautaires et aux médias d'assumer leurs responsabilités en conscience, pour éviter toute confusion des sentiments, des émotions, des opinions.

Car, chez quelques-uns, c'est vrai, là est l'occasion de cultiver un terreau de divisions pour réveiller de vieilles haines, contester l'ordre républicain ou favoriser le militantisme - l'obscurantisme - religieux.

Ceux qui servent ces desseins vont au-delà du débat de fond. On peut critiquer la politique du gouvernement israélien, les conditions de création de l'État hébreu, les méthodes d'action des Palestiniens, l'exploitation que telle ou telle organisation fait de la religion, l'attitude des autorités françaises.

On ne doit pas, en revanche, admettre que les mots perdent leur sens ou dépassent la raison. C'est le cas quand l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) parle «d'un génocide sans précédent» à Gaza sur son site Internet. C'est le cas lorsque des dévots du Hezbollah ou du Hamas défilent dans Paris au cri de «Tremblez, juifs de France». C'est le cas quand des leaders d'extrême gauche distribuent des tracts pour évoquer un «nettoyage ethnique». C'est encore le cas lorsque des intellectuels décrivent un «holocauste» en Palestine. Même Rama Yade eût été bien inspirée en évitant la «martyrisation de Gaza».

Souvent, ces messages fleurent mauvais l'antisémitisme. Ils sont pourtant relayés par de nombreux médias, images à l'appui, sans autre forme de procès. Ils n'expliquent pas les attaques enregistrées ces derniers jours contre des synagogues ou des personnes mais encouragent n'importe quelle dérive. Il faut donc les condamner. Sans ajouter d'huile sur le feu, sans céder à la généralisation, comme le font parfois des représentants juifs. Car il convient de prendre ces slogans pour ce qu'ils sont : d'odieuses provocations et manipulations. Au Proche-Orient, il n'y a pas un camp du bien et un autre du mal. Mais, à Paris, la haine et le venin sont du côté des pseudo-pacifistes. Ne nous y trompons pas.

Tuesday, December 30, 2008

Israël-Hamas : un but de guerre peut en cacher un autre

Au quatrième jour de ce qu'il faut désormais appeler la Guerre de Gaza, première du nom, l'objectif d'Israël reste ambigü. Et comme souvent au Proche-Orient, un but de guerre peut en cacher un autre.

Officiellement, il s'agissait initialement d'un objectif simple et clair: empêcher le Hamas, maître de la bande de Gaza, de lancer ses roquettes qui terrorisent les villes du sud d'Israël.

Puis, lundi, le vice-Premier ministre israélien, l'ancien syndicaliste rallié à Kadima, Haim Ramon, a déclaré à la télévision que l'objectif de l'opération "Plomb durci" était de "faire tomber le régime du Hamas à Gaza", ce qui constitue une escalade sensible.

La crédibilité de la dissuasion israélienne

Et si le véritable but de guerre était en fait de redonner de la crédibilité à Tsahal, l'armée israélienne, dont le mythe d'invincibilité a pris un sacré coup lors de la guerre du Liban de 2006, face au Hezbollah.

C'est toute la doctrine de dissuasion de l'Etat hébreu qui s'en trouvait fragilisée, et que Gaza doit, aux yeux des dirigeants israéliens, permettre de restaurer à la face du monde. Du monde musulman en premier lieu, notamment l'Iran.

Mark Heller, un expert stratégique israélien réputé, cité lundi par Ethan Bronner dans l'International Herald Tribune, l'a explicité en termes particulièrement clairs:

"Il y avait depuis deux ans un sentiment récurrent d'incertitude sur le point de savoir si quiconque a encore peur d'Israël. Le concept est que par le passé -peut-être un passé mythifié-, on ne s'en prenait pas à Israël de peur des conséquences.

"Aujourd'hui, la région regorge de réthorique agressive qualifiant Israël de tigre de papier. Cette opération est une tentative de réétablir le sentiment selon lequel si vous menacez ou si vous attaquez Israël, vous en payerez un prix disproportionné".

Ce triple objectif -arrêt des tirs de roquettes, renversement du Hamas, rétablir la peur de Tsahal...- met la barre très haut pour ce conflit, et signifie qu'il n'est pas prêt de s'arrêter.

Il explique que, comme au Liban en 2006, mais en ayant tiré les leçons de ses échecs, Israël ait choisi d'utiliser massivement son aviation, sans prendre de gants sur le nombre de victimes. L'objectif est de choquer, dans tous les sens du terme.

Dissuasion ciblée, ou massive?

Il fut un temps où la dissuasion israélienne reposait sur des opérations ciblées: l'enlèvement du nazi Adolf Eichmann en Argentine en 1960, une opération de commando menée en 1973 au coeur de Beyrouth par un certain Ehud Barak, déguisé en femme, celui-là même qui dirige aujourd'hui cette guerre en tant que ministre de la Défense... Ou encore le bombardement audacieux du réacteur nucléaire (français) d'Osirak, en Irak, en 1981.

Le changement de la donne stratégique au Proche et Moyen Orient, l'émergence de forces comme le Hezbollah libanais ou le Hamas palestinien, ont fait monter les enchères. Et la guerre foirée de 2006 a montré que l'armée israélienne n'était pas prête.

Deux ans et une réorganisation complète plus tard, Tsahal repart en guerre, et n'a pas droit à l'échec. Car son revers au Liban avait donné des ailes -et des idées- au Hamas, et un échec cette fois à Gaza serait fatal à la dissuasion israélienne. C'est dire si l'enjeu est lourd.

C'est là que le but politique de la guerre reste flou. S'il s'agissait de pousser le Hamas à négocier ou à s'accommoder de l'existence d'Israël, il serait intelligible. Mais en voulant renverser un régime mis en place par une victoire électorale en janvier 2006, certes suivie d'un coup de force en juin 2007, Israël met la barre très haut.

D'autant que la chute du pouvoir islamiste à Gaza ne fera pas disparaître le Hamas du paysage politique palestinien, et risque au contraire de le rendre plus redoutable encore, replongé dans une clandestinité d'où l'avait partiellement sorti la nécessité de gérer le quotidien des Palestiniens.

Le Hamas, né de la première Intifada en 1987, sait se nourrir de la tragédie, des souffrances et du martyr, et c'est la pièce manquante essentielle de la stratégie israélienne qui le renforce en le combattant.

Le cynisme des dirigeants

Mais de ces considérations, les dirigeants de la coalition israélienne n'ont sans doute cure. Leur objectif est d'abord de restaurer le crédit d'une armée dévalorisée à la bourse de la dissuasion régionale, bien au-delà de l'enjeu limité de la bande de Gaza. Et de redorer leur blason personnel et politique avant les élections législatives anticipées de février. Cynique, mais cruellement réaliste.

De ce point de vue, le sentiment de succès que ressent l'opinion israélienne depuis quatre jours tranche singulièrement avec la révulsion que provoquent les images de Gaza dans une bonne partie des opinions mondiales. Israël est revenu à une doctrine primiitive qui veut inspirer la peur comme protection ultime. On est loin des discours lyriques des années 90 sur les valeurs de la paix d'un certain prix Nobel devenu président de l'Etat hébreu, Shimon Pérès.

Face à de tels buts de guerre, en semant ainsi les graines des haines et des vengeances de demain, Israël risque fort d'avoir commis à Gaza pire qu'un crime: une erreur.

Source: www.rue89.com

Monday, December 29, 2008

Pourquoi diplomatie et sanctions ne font pas bon ménage

Le changement se produit plus rapidement qu’on ne le comprend. C’est certainement le cas en ce qui concerne les données politiques – qui changent très vite – à Washington autour de la question de l’Iran.

Dans moins de cinquante jours, l’Amérique sera dirigée par un président qui a fait du dialogue avec l’Iran une promesse de campagne – et qui a malgré cela remporté les élections.

Peut-être plus étonnant encore : un des lobbies les plus puissants de Washington n’a pas réussi – en pleine année électorale – à convaincre le Congrès américain d’adopter une résolution prônant un blocus maritime de l’Iran, et ce en dépit du fait que la résolution avait plus de 250 co-auteurs.

Le débat à Washington ne consiste plus à savoir s’il faut négocier ou non avec l’Iran, mais plutôt comment, quand et dans quel ordre de telles négociations devraient se dérouler. Cela ne veut pas dire pour autant que des pourparlers vont bel et bien avoir lieu ni qu’ils vont être couronnés de succès.

Cela s’explique en partie par un facteur invariable dans le paysage politique à Washington : le fait qu’on compte sur les sanctions pour se retrouver en position de force et avoir un moyen de pression.

Le président élu Barak Obama, qui il y a quelques mois avait dit à l’American Israel Public Affairs Committee qu’il tenait fermement à l’ouverture de négociations avec l’Iran et à sa promesse d’en finir avec les conditions préalables qui se vouent elles-mêmes à l’échec, a cherché à modérer sa position pro dialogue en se dotant d’un grand appétit pour des sanctions économiques supplémentaires à l’encontre de l’Iran.

En tant que sénateur, Barak Obama a été le premier co-auteur du Comprehensive Iran Sanctions, Accountability and Divestment Act de 2008 qui aurait intensifié les sanctions actuelles et préparé le terrain pour d’autres restrictions économiques. « Tout en déployant un effort diplomatique agressif, direct, fondé sur des principes, nous devons continuer à augmenter la pression économique contre l’Iran » a-t-il affirmé dans une déclaration. Certains de ses conseillers sont allés plus loin déclarant que dans le cas d’une politique de « la carotte et du bâton » vis-à-vis de l’Iran, les coups de bâton – c’est-à-dire les sanctions – devraient venir en premier.

Barak Obama a bien sûr tout à fait raison de penser qu’une politique à l’égard de l’Iran qui veut être couronné de succès doit comporter à la fois des mesures d’encouragement et de dissuasion. Effectivement, les sanctions représentent théoriquement un moyen de pression supplémentaire pour les Etats-Unis. Toutefois, le problème avec cette façon de voir les choses est qu’elle ne tient pas compte du fait que les sanctions existantes donnent déjà aux Etats-Unis un moyen de pression significatif.

Mais ce moyen de pression ne peut être utilisé que dans le contexte de négociations.

Les sanctions peuvent jouer un rôle important dans une négociation entre les Etats-Unis et l’Iran si Washington venait à envisager de mettre un terme à celles-ci en échange d’un changement de comportement radical de la part des Iraniens.

Washington n’a pas manifesté une telle volonté jusqu’à présent. Pour l’administration Bush, employer des moyens de pression c’est obtenir quelque chose en échange de rien. Cette approche a de toute évidence été vouée à l’échec car elle s’apparente non pas à la négociation, mais plutôt à l’ultimatum ou à la menace ou à l’ultimatum.

Dans une négociation, on ne peut obtenir quelque chose qu’en donnant autre chose en contrepartie. En effet, ce n’est pas la menace ou l’imposition de nouvelles sanctions qui va changer le comportement des Iraniens, mais plutôt la proposition de lever les sanctions actuelles. C’est là tout le réservoir de pression sur l’Iran – encore inexploité.

Ce moyen de pression ne vaut bien entendu que si Washington et Téhéran s’engagent sur la voie des négociations. C’est justement pourquoi la tendance à vouloir imposer de nouvelles sanctions - avant même d’avoir commencé des pourparlers - peut être très néfaste aux objectifs que s’est fixés Barak Obama. Autrement dit en imposant de nouvelles sanctions à l’Iran – qu’elles émanent du Congrès ou de l’exécutif – on ne ferait que diminuer les chances de la voie diplomatique, car cela empoisonnerait l’atmosphère et augmenterait davantage encore la méfiance réciproque entre les deux capitale; ce qui à son tour, minerait, en premier lieu, la capacité américaine à exploiter son réservoir de moyens de pression sur l’Iran.

La remarque vaut bien sûr aussi pour l’Iran : tout effort de la part de Téhéran visant à saper davantage la politique de Washington dans la région, pour se doter d’un moyen de pression sur les Américains, avant même que des négociations soient entamées, ne fera que diminuer la possibilité d’éventuels pourparlers.

Pour réussir à mettre en place sa politique en faveur d’un dialogue diplomatique, Barak Obama doit non seulement éviter de souscrire à l’idée erronée selon laquelle Washington n’a pas actuellement de moyens de pression contre l’Iran, mais aussi reconnaître que proposer une levée des sanctions existantes en échange d’un changement de politique de la part des Iraniens pourrait être une solution non négligeable. Mais le président élu doit également résister à la tentation de saper les chemins qui mènent à la négociation en imposant de nouvelles sanctions avant même que les pourparlers aient commencé - et donc résister aux pressions venant de différentes entités aux Etats-Unis, dont les motivations premières pour les sanctions ont historiquement été justement d’empêcher une percée diplomatique entre l’Amérique et l’Iran.

Le dosage d’encouragement et de dissuasion qui parviendra à faire avancer les intérêts américains vis-à-vis de l’Iran est un mélange où la diplomatie est au centre et les sanctions en périphérie – et non l’inverse.

- Trita Parsi
Source: Bitterlemons-International.org, 4 décembre 2008, www.bitterlemons-international.org

Tuesday, December 9, 2008

Les arabes doivent agir, et non pas attendre Obama

Parce que les attentes sont si grandes à travers tout le Moyen-Orient et le changement si nécessaire, tous les regards seront tournés ces deux prochains mois vers le président élu Barak Obama dans l’attente de ses premières décisions politiques. Mais justement, parce que la nécessité d’un changement est si pressante, je crois que les dirigeants arabes devraient être plus que de simples spectateurs dans cet intervalle délicat de la transition, particulièrement par rapport aux efforts visant une paix israélo-palestinienne.

Les méfaits de la politique négligente et imprudente de l’administration Bush au cours de ses huit ans de mandat sont trop évidents. La nation palestinienne est en désarroi et ses dirigeants divisés, physiquement – les uns à Gaza et les autres en Cisjordanie - et idéologiquement.

La Bande de Gaza, sous contrôle du Hamas, se trouve dans un goulet d’étranglement à cause de l’embargo qui lui est imposé et à cause des attaques de roquettes et des assauts israéliens qui ponctuent les périodes de trêve éphémères. La Cisjordanie, elle, s’asphyxie, lentement, du fait de l’afflux grandissant et continuel de colons, de la présence humiliante de centaines de postes de contrôle qui y font intrusion et d’un mur ou d’une barrière oppressante qui serpente le long des terres palestiniennes.

Les chemins choisis par chacun des dirigeants palestiniens, bien que contraires, sont tous deux mauvais. Le Hamas a fait de la « résistance » sa religion, ce qui n’a rien apporté de bon aux Palestiniens si ce n’est un cortège de morts et de privations, un sentiment d’insécurité en Israël et donc le renforcement des mesures répressives de la part de ce pays.

Quant au choix de l’autorité palestinienne de respecter son engagement dans les négociations, bien que louable, il est désormais dénué de sens puisque négocier sans avoir de moyen de pression (et sans avoir le contrôle de l’entité pour laquelle on négocie) devient un exercice inutile.

Barak Obama a affirmé plus d’une fois qu’il ferait de la paix au Proche-Orient sa priorité et qu’il y mènerait une politique différente de celle de son prédécesseur. Cependant, lorsqu’il prêtera serment le 20 janvier prochain, il va probablement trouver ce dossier, avouons-le franchement, rébarbatif.

Si aucun changement ne survient au Proche-Orient dans les deux mois à venir, la nation palestinienne demeurera divisée, les Israéliens n’auront toujours pas de gouvernement et de majorité nette (les élections doivent s’y dérouler le 10 février prochain et tout semble indiquer que les Israéliens auront pour alternative la victoire du conservateur Benjamin Netanyahu ou la reconstitution d’une coalition centriste qui manque de consistance).

Donc, la question à se poser avant que la nouvelle administration prenne les rênes du pouvoir en Amérique est la suivante: peut-on faire quoi que ce soit, et si c’est le cas, par où faut-il commencer ?

A mon avis, on peut prendre quelques mesures, du moins du côté arabe, pour faire de l’ordre avant le 20 janvier. Les dirigeants de cette région du monde devraient mettre à profit ces deux mois de transition et utiliser ce lapse de temps de façon intelligente.

La première priorité est de parvenir à réconcilier les Palestiniens et de les aider à mettre sur pied un gouvernement opérationnel et uni, inspirant à la fois le soutien du peuple et le respect de la communauté internationale. Cela demandera plus qu’une simple révision des accords de la Mecque.

Le projet d’accord qui circule en ce moment au Caire propose une structure utile, se concentrant sur la reconstruction d’un gouvernement consensuel et d’une force de sécurité locale, formée et soutenue par des Arabes.

L’accord des dirigeants palestiniens des deux bords est essentiel, mais n’a été que trop vague jusqu’à présent. Au lieu de proférer des menaces de sanctions plutôt vides de sens ou « de se traiter de tous les noms » comme c’est le cas actuellement, les dirigeants arabes devraient imaginer des moyens d’inciter les uns et les autres à s’accepter.

Ce dont la Cisjordanie et la Bande de Gaza ont besoin de toute évidence c’est la création d’emplois, des projets d’infrastructure et de développement des compétences, ainsi que des projets d’aide immédiat. Les Arabes participent effectivement aux efforts internationaux pour subventionner le budget de l’Autorité palestinienne, mais cette aide sert tout juste à maintenir le statut quo, inacceptable.

Pour aller de l’avant, je proposerais la création « d’un fond incitant à la paix et à la réconciliation », gigantesque, de plusieurs milliards de dollars, qui permettrait une aide immédiate tout en étant un investissement créateur d’emploi – tout cela une fois que les parties seront parvenues à un consensus dans le genre de celui du projet d’accords du Caire.

En fait, le fond aurait pour but d’aider le peuple palestinien tout en faisant pression sur ses dirigeants divisés pour les inciter à se mettre d’accord sur la constitution d’un nouveau gouvernement, qui avec le soutien des pays arabes, serait prêt et capable de faire la paix.

Par ailleurs, la Ligue arabe au lieu de simplement réaffirmer son plan de paix de 2002 et de 2007 ferait mieux de l’étoffer. Elle pourrait par exemple, apporter de plus amples précisions sur les types d’incitations financières et/ou commerciales qui accompagnerait la paix finale et/ou la normalisation.

Du même coup, cela permettrait un enchaînement graduel des étapes (par exemple, signature d’un accord-cadre israélo-palestinien : première étape ; retrait des colonies et des points de contrôles conformément à cet accord : deuxième étape et ainsi de suite).

Le projet d’accords arabe a suscité l’intérêt non seulement de la nouvelle administration américaine mais aussi de nombreux politiciens israéliens. Par conséquent, le fait d’apporter plus de précisions à propos des avantages et de la vision liés à la paix finale serait grandement bénéfique.

Outre la date du 20 janvier prochain à laquelle Barak Obama prêtera serment en tant que 44ème président des Etats Unis d’Amérique, deux autres échéances approchent rapidement. Les Palestiniens doivent parvenir à un accord d’ici le 9 janvier, date officielle de la fin du mandat du président Mahmoud Abbas, sinon la situation déjà précaire de la Palestine pourrait se dégrader et devenir plus violente. Quant au 10 février, date des élections en Israël, elle est tout aussi importante.

Un mouvement rapide vers l’obtention du consensus palestinien et vers une version élargie et améliorée de l’initiative de paix arabe enlèvera à la fois les dangers que représente la première date tout en ayant un effet positif sur la seconde.

James J. Zogby

Source: Jordan Times.

Tuesday, November 18, 2008

“Yes we can”, dit le Moyen-Orient à Obama

Amman – A travers le Moyen-Orient, les dirigeants politiques ont félicité Barack Obama de sa victoire électorale historique à la fonction de 44e président des Etats-Unis. Pour de nombreux observateurs, son nouveau gouvernement allait introduire une politique nouvelle, une démarche nouvelle qui apporterait la paix à une région plongée dans les turbulences les plus graves pendant les huit années de la présidence de George W. Bush.

Certains dirigeants arabes traditionnellement alignés sur Washington ont célébré la victoire d’Obama, tout comme ils auraient célébré celle du candidat républicain si John McCain avait gagné.

Mais au niveau de l’opinion publique, c’est un sentiment de soulagement, certes teinté de circonspection, qui a prévalu: pendant les quatre années à venir, la Maison Blanche sera habitée par un président afro-américain qui s’est présenté, au cours d’une campagne de 22 mois comme un partisan de la paix et du dialogue et bien décidé à résoudre les conflits.

Dans son discours de victoire, Obama a donné de nombreux gages aux optimistes qui espèrent qu’il portera un regard plus favorable sur le reste du monde et même peut-être sur les causes arabes.

Depuis quelques mois, ces partisans d’Obama sont l’objet de critiques de la part des têtes pensantes arabes qui, sceptiques, sont persuadées qu’Obama ne changera pas la politique bien enracinée des Etats-Unis en faveur d’Israël.

Mais Israël a su prononcer les mots qui rassurent: “A tous ceux qui nous regardent ce soir au-delà de nos frontières, de leurs palais et de leurs parlements, à tous ceux qui se pressent autour d’un transistor dans les coins les plus reculés de la planète, je dis ceci: nos histoires sont singulières, mais nos destins sont partagés.

Une nouvelle aube de leadership américain se lève aujourd’hui.”

Dans toute la région, les gens étaient collés à leurs postes depuis les petites heures du matin. Les chaînes de télévision arabes populaires ont couvert l’événement en direct depuis l’ouverture du scrutin jusqu’à ce que les deux candidats prononcent leurs discours, l’un de concession, l’autre de victoire.

Les grincheux affirment que le succès sans précédent de cette consultation est dû aux désastres incommensurables que George W. Bush et son gouvernement ont causés par leur prétendue ”guerre contre la terreur” et en contraignant les alliés arabes des Etats-Unis à se soumettre à leur politique militariste impopulaire.

Dans leurs messages de félicitation à Obama, certains responsables arabes exprimaient leur espoir de voir le président-élu démocrate s’atteler dans un esprit positif à la recherche d’une solution pacifique au conflit israélo-palestinien.

Le Président égyptien Hosni Moubarak a déclaré: “Nous attendons de vous une participation constructive à la solution de la question de la Palestine et à la réalisation d’une paix juste et totale, préalable indispensable à la sécurité et à la stabilisé au Proche-Orient.”

Le Président palestinien Mahmoud Abbas, qui ne parvient pas à conclure ses négociations de paix avec Israël depuis que Bush les a relancées à Annapolis voici un an, a repris presque mot pour mot les propos de M. Moubarak, exprimant son espoir que le nouveau président “accélèrera les efforts pour parvenir à la paix, surtout parce que de la résolution du conflit arabo-israélien dépend la paix mondiale”.

De son côté, Israël semble assuré qu’une administration Obama ne va pas changer la politique américaine, que rien ne sera fait pour pousser l’état juif à faire la paix avec les Palestiniens en mettant un terme à ses activités de colonisation, en éliminant les contrôles routiers et, au bout du compte, en se retirant de la Cisjordanie.

Le Premier ministre israélien sortant, Ehud Olmert, a déclaré qu’il s’attend à un renforcement des rapports entre son pays et les Etats-Unis, en raison des “liens spéciaux” qui unissent les deux Etats.

Hamas, le mouvement politique islamique palestinien qui gouverne la bande de Gaza et qui figure sur la liste des “terroristes” recherchés par les Etats-Unis, a déclaré qu’il souhaite qu’Obama “tire les leçons des erreurs commises par les administrations précédentes, à commencer par celles de Bush, qui ont détruit l’Afghanistan, l’Irak, le Liban et la Palestine”, selon les termes de Fawzi Barhoum, porte-parole du mouvement.

Pour sa part, le gouvernement irakien dit n’attendre du gouvernement Israël aucun changement d’orientation qui se traduirait par un retrait rapide des 140.000 militaires et plus présents dans le pays depuis l’invasion conduite par les Etats-Unis en 2003 et à laquelle le président-élu s’était opposé dès le départ.

En Irak toujours, les “sadristes”, ces partisans anti-américains du religieux chiite Moqtada Sadr, voient dans la victoire d’Obama “le désir du peuple américain de voir son armée se retirer d’Irak”, conformément aux exigences exprimées depuis toujours par ce mouvement.

Les milieux politiques iraniens eux aussi ont favorablement réagi à l’élection d’Obama, déclarant que sa victoire sur M. McCain et la conséquence de la faillite et des défaites de la politique étrangère de M. Bush.

Ils souhaitent que le nouveau gouvernement tire les leçons des erreurs commises par le précédent.

Au niveau officiel, Téhéran joue la montre, attendant de voir si la politique étrangère de M. Obama se démarquera de l’attitude hostile du gouvernement Bush à l’égard de l’Iran.

Les dépêches de Téhéran prédisent toutefois avec un optimisme prudent que Barack Obama tiendra sa promesse d’un dialogue avec l’Iran pour sortir du bras de fer nucléaire avec l’Occident, voire pour rétablir les liens qui avaient été coupés depuis la révolution islamique de 1979.

Quant à la Syrie, qui figure sur la liste noire de Bush en tant que “courtier du terrorisme”, elle espère que le nouveau venu saura “remplacer la politique de guerre et de blocus des Etats-Unis par la diplomatie et le dialogue”, selon les propos de Mohsen Bilal, ministre de l’information.

En Afghanistan, enfin, le Président Hamid Karzaï a invité les nouveaux dirigeants de Washington à changer de stratégie dans leur prétendue “guerre contre la terreur”, affirmant qu’elle n’a pas sa place dans les villages afghans…mais qu’elle doit être dirigée contre les nids et centres de formation de terroristes”.

M. Karzaï adjure Barack Obama de mettre fin aux pertes civiles dans ce pays où 70.000 soldats de l’Otan s’efforcent en vain de réduire à merci les Talibans et l’insurrection armée.

Source: Middle East Times, 5 novembre 2008, www.metimes.com

Saturday, October 11, 2008

Le retour de la bataille idéologique

Notre conviction, c’est que la bataille pour un nouveau modèle de société a commencé. Elle va marquer, en France, en Europe, dans le monde, la période qui s’ouvre.

Nous sortons, en France, d’une longue paix idéologique. Elle scellait la victoire des valeurs de gauche.

La France a vécu, depuis 1945, sur un compromis « social-démocrate » : un modèle de développement fondé sur l’Etat-providence, caractérisé par un cercle vertueux entre prospérité et justice sociale, croissance et redistribution, marché et Etat. La gauche, avec le gaullisme social, avait promu ce modèle égalitaire après-guerre. La droite avait accepté d’accompagner ces évolutions, moteurs d’une prospérité inédite sous les Trente Glorieuses.

Ce compromis social-démocrate n’était pas une spécificité française : l’économie sociale de marché, le Welfare State, caractérisent le modèle européen d’après-guerre. Le niveau de prélèvements obligatoires, symbole de l’effort redistribution d’un pays, témoigne de cette cohérence du modèle européen : la moyenne européenne des prélèvements obligatoires s’élève à 42% du PIB, contre 28% au Japon, 23% aux Etats-Unis, moins de 20% dans les pays en développement. Il y a certes des différences importantes en Europe mais même les Etats européens les moins redistributeurs (Irlande, Royaume Uni) se situent dix points au-dessus des autres pays occidentaux.

Avec la crise contemporaine de l’Etat-providence, le compromis idéologique social-démocrate a volé en éclats. La crise a une origine simple : les instruments de l’Etat-providence du 20ème siècle s’avèrent inadaptés dans le monde du 21ème ; le cercle vertueux s’est transformé en cercle vicieux – la faiblesse de la croissance asphyxie l’Etat-providence, la redistribution handicape la compétitivité économique et affaiblit la croissance.

Désormais, la droite est à l’offensive. Elle a longtemps hésité. C’est fini. La droite revendique « la réforme », « le changement » : la fin du pacte social historique. Si la France veut retrouver - « libérer » - la croissance, elle doit accepter de réduire son Etat-providence et de limiter la redistribution. La droite propose ainsi une offre politique structurée, autour d’un modèle libéral traditionnel, qu’elle théorise progressivement, au-delà des hésitations doctrinales du sarkozysme.

Face à cette offensive, la gauche n’a pas encore d’offre politique alternative. Elle oscille entre deux écueils.

Le premier est le conservatisme. La gauche peut être tentée par l’immobilisme, la défense du modèle d’hier. Elle a du mal à faire le deuil du modèle historique qu’elle a contribué à créer. Elle risque alors de s’enfermer dans la protestation.

Le second écueil est le renoncement idéologique. Dans l’incapacité de formuler une offre politique alternative, la gauche laisserait filer le curseur idéologique vers la droite. Le nouveau compromis national deviendrait un compromis libéral. La gauche pourrait encore espérer la victoire politique, mais au prix de sa défaite idéologique, cantonnant son action à l’accompagnement social d’un modèle qui n’est plus le sien. Ce renoncement est une tentation dans nombre de partis sociaux-démocrates européens, notamment avec le SPD allemand, et plus encore en Autriche et aux Pays-Bas.

La gauche progressiste doit au contraire chercher la voie de la refondation idéologique, le chemin vers une « seconde fondation sociale-démocrate ».

Elle en a les moyens. Le matériau est là, désormais. Le diagnostic intellectuel s’est enrichi. Les expérimentations européennes se développent, notamment dans les social-démocraties nordiques. Les initiatives locales se multiplient. Le travail qui reste à accomplir est de convertir ce matériau en solutions programmatiques et de penser un projet global.

Elle est attendue. En France comme en Europe, les citoyens continuent de plébisciter les valeurs progressistes – égalité, solidarité, lutte contre les injustices. L’ancrage social-démocrate est toujours là.

Mais la bataille idéologique à venir n’aura pas lieu qu’en Europe. Aux Etats-Unis aussi, il est probable qu’elle s’ouvre. Les Etats-Unis ont également vécu sur un compromis idéologique de long terme, autour du modèle libéral anglo-saxon. La crise financière actuelle en sape brutalement les fondements : nationalisations, régulations, interventionnisme étatique sont à l’ordre du jour. Cette crise remettra-t-elle en cause le compromis libéral américain au profit d’un modèle progressiste ? Peut-il lui aussi se renouveler sur des bases modernisées ? Ce sera sans doute aussi l’enjeu de la période qui s’ouvre.

Les tensions idéologiques devraient également se réveiller dans les pays émergents, singulièrement en Chine. Le modèle de développement de ces pays est fondé sur la compétitivité-prix sur les marchés étrangers. Il repose par construction sur le maintien de bas coûts de production – salaires et charges sociales notamment. Avec la montée en puissance économique, la bataille autour de la répartition de la valeur ajoutée est appelée à s’intensifier. La pression des travailleurs s’accroît rapidement– même si les institutions non-démocratiques de la plupart de ces pays freinent cette évolution. Un autre modèle de développement, plus progressiste, pourrait en résulter.

Europe, Etats-Unis, Chine : partout, le modèle de développement d’hier est remis en cause ou est appelé à l’être. De nouveaux modèles devraient émerger et s’affronter. Et, au-delà des modèles nationaux, il faudra aussi inventer un modèle de gouvernance mondiale. Les enjeux de demain sont avant tout des enjeux globaux : finances, énergie, environnement, eau, migrations, prolifération... Aucune gouvernance capable de faire face à ces défis n’est aujourd’hui en place.

La bataille idéologique va s’ouvrir. Elle va concerner le modèle de développement de nos territoires et l’organisation de la planète. Il est urgent que les progressistes entrent dans l’arène.

Ecrit par Olivier Ferrand, Michel Rocard et Eric Maurin.

Tuesday, October 7, 2008

Beyrouth fête la Journée internationale de la paix

Beyrouth – Chaque année, partout dans le monde, le 21 septembre, on demande aux particuliers, aux communautés, aux peuples et aux gouvernements de se réunir pour rendre hommage au travail qui est fait pour faire cesser la guerre et promouvoir la paix, conformément à une initiative des Nations Unies lancée il y a sept ans.

“La Journée internationale de la paix sera observée comme une journée mondiale de cessez-le-feu et de non-violence, pendant la durée de laquelle toutes les nations et tous les peuples seront invités à cesser les hostilités” dit la résolution 55/282 qui a proclamé en 2001, le 21 septembre comme Journée internationale de la paix.

Au Liban, pays qui a connu beaucoup de violence et de douleur au cours de son histoire, le Mouvement pour une paix permanente, a appelé à « une journée de fierté, une journée de paix, une journée de coexistence, une journée de pardon, une journée d’amour, une journée où l’on s’amuse».

Ce n’est certainement pas la première fois – ni la dernière - que l’organisation, créée au comble de la guerre civile libanaise en 1987, organise un événement de ce genre. « Notre participation à l’organisation de la Journée internationale de la paix date de 1987. La paix est un besoin humain, non seulement pour les Libanais mais pour tous les peuples de la terre. C’est un besoin élémentaire auquel nous aspirons tout le temps. Si nous étions en paix, nous ne serions pas ici », a dit Fadi Abi Allam, président du Mouvement, à Menassat.

Sur une scène dans le centre-ville de Beyrouth, des artistes ont rendu hommage à la paix et à la non-violence à travers de nombreux spectacles jusque tard dans la nuit. Seul un petit groupe de spectateurs s’était assemblé autour de la scène, laissant pas mal de vide sur la grande place en ce jour important.

En tout cas, il y avait une bonne ambiance. Un groupe a captivé le public avec un spectacle de Capoeira – danse et arts martiaux brésiliens - sans parler de la performance étourdissante de Rita Barotta, collaboratrice de Menassat – qui a improvisé plusieurs morceaux de jazz. Plus tard dans la nuit, on a entendu des groupes de hip-hop libanais.

Certains étaient là uniquement pour la musique.

« Nous sommes venus à la fois pour la cause et pour le spectacle, mais principalement pour la musique », disent avec le sourire deux spectateurs, Antoine et Gabi. Comme beaucoup d’autres dans le public, ils ont été mis au courant de l’événement à travers le site internet du célèbre réseau social Facebook.

Exprimer la paix à travers l’art était un des thèmes principaux de l’événement. A l’entrée, les spectateurs pouvaient fabriquer leurs propres symboles de paix – des crayons et des stylos y avaient été mis à disposition à cet effet.

Nareg, étudiant de 17 ans et son ami Harad âgé de 15 ans, ont parlé du graffiti qu’ils étaient en train de terminer; « Jour de Paix » disent les grosses lettres peintes en bleu, blanc et violet.

Nareg et Harad font tous deux partie d’un groupe de jeunes militants graffeurs qui s’appelle « Par Cœur + Graffiti ». Leur mission? Redonner des couleurs aux murs des bâtiments à moitié démolis que l’on voit un peu partout dans Beyrouth, d’une façon futée et artistique. Pour éviter les embrouilles avec la justice, les graffeurs évitent les sujets sensibles touchant à la politique.

« Nous peignons sur d’affreux murs partout dans Beyrouth. Mais nous n’écrivons rien de politique pour éviter d’avoir des problèmes avec la police. Parfois la police s’arrête et nous demande ce que nous sommes en train d’écrire. Quand les policiers voient que ce ne sont pas des slogans politiques, ils disent «salut» et s’en vont», dit Nareg à Menassat.

Qu’écrivent-ils donc ?

« Tout ce qui nous paraît important. Par exemple, nous écrivons à propos d’amour », dit Nareg.

« Et une fois nous avons peint à la bombe « Mange des fruits ! » sur un mur. Les gens doivent se préoccuper davantage de leur santé », ajoute Harad.

Mais le thème de dimanche était clair et net. « C’est une journée pour la paix. C’est ce sur quoi nous nous concentrons aujourd’hui », disent Nareg et Harad.

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* Alexandra Sandels est une journaliste indépendante travaillant à Beyrouth. Article distribué par le Service de Presse de Common Ground (CGNews), avec l’autorisation de Menassat.com

Source: Menassat.com, 23 septembre 2008, www.menassat.com

Tuesday, September 30, 2008

Chana Tova Gilad Shalit

Une liste de 450 prisonniers palestiniens qu'Israël serait prêt à échanger contre le soldat Gilad Shalit détenu à Gaza a été remise vendredi 26 septembre au Premier ministre Ehud Olmert, a indiqué Tzahi Moshé, porte-parole du vice-Premier ministre Haïm Ramon, qui dirige cette commission.

Cette liste a été établie par une commission interministérielle ad hoc. Selon la radio publique, la liste en question compte pour moitié des prisonniers dont la libération été exigée par le Hamas. La radio a précisé que la commission interministérielle avait clos ses débats et ne se réunirait plus pour discuter d'un éventuel assouplissement des critères permettant de libérer des prisonniers palestiniens en vue d'un échange. Mark Regev, le porte-parole d’Ehud Olmert, a précisé que "le gouvernement doit de toute façon approuver cette liste".

Par ailleurs, les organisations juives en France et en Grande-Bretagne ont organisé des manifestations de soutien au jeune Gilad, détenu depuis plus de deux ans par le Hamas. Une opération carte de vœux a été lancée à l’occasion de la nouvelle année juive. En Angleterre, plus de 2000 cartes ont déjà été envoyées à la Croix-Rouge.

Pour envoyer une carte de vœux :
Yarden France
Opération Guilad Shalit
45 rue Michel Carré
95100 Argenteuil